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      Propos recueillis par Henri-Jean SERVAT pour le Midi-Libre

      Christophe et moi vivions comme deux gosses une époque joyeuse

      La chanteuse Michèle Torr revient sur la passion amoureuse qui l’a unie à Christophe, disparu vendredi, et sur le fils qu’ils ont eu ensemble.

      “Il est parti. Prions et allumons des bougies pour l’aider à entrer dans la lumière.” Par ces quelques mots précédant une vidéo de sa chanson Les Mots bleus, Michèle Torr a annoncé, sur Facebook, le départ de Christophe emporté par le coronavirus dans un hôpital de Brest où il avait été transporté depuis Paris. Et samedi, cette chanteuse à la voix magnifique, une des plus belles de France, qui est confinée dans sa demeure d’Aix-en-Provence et qui partagea, un temps, la vie du chanteur dont elle eut un enfant nous a raconté sa vie avec et sa vie sans Christophe.

      Michèle le savait malade de ce sale virus depuis quelque temps. “Christophe, qui avait des insuffisances pulmonaires, avait été plongé dans le coma artificiel et, un jour, on nous rassurait en nous disant qu’il entendait et puis on nous inquiétait en nous précisant qu’il allait mal.” Il s’avérait difficile, en fait, pour elle et Romain, le fils qu’elle a eu avec Christophe, d’avoir des nouvelles tant tous deux étaient tenus à l’écart par l’ex-femme de Christophe, dont il était séparé, et qui était mère de sa fille Lucie. Bien sûr Michèle est bouleversée. Elle est la première à dire « quand on aime ou quand on a aimé, c’est pour la vie ». Elle se souvient de sa rencontre avec Christophe, il y a un demi-siècle dans une cave de Saint-Germain-des-Prés pour une émission d’Europe 1. Elle l’avait trouvé beau comme Kirk Douglas. Et préméditant ce qui allait se passer, elle avait chuchoté à son ami Hervé Vilard « je crois bien qu’il va me faire la cour » et ça n’avait pas manqué.

      Romain leur enfant

      Christophe Bevilacqua, jeune chanteur débutant, avait fait la cour à Michèle Torr, jeune chanteuse débutante, à l’orée chacun d’une belle carrière. Tous deux se sont donc vus, plus et aimés. Pendant 2 ans, de 1965 à 1967, ils ont vécu ensemble. « Nous vivions comme deux gosses. Nous traversions une époque joyeuse. C’était la France des yéyés, les années soixante, des moments formidables. » Michèle s’est trouvée enceinte. Cette envie d’avoir un enfant, Christophe l’avait eue avant moi. Nous avions fait un voyage en Espagne et nous avions conçu Romain à Séville où nous nous étions même mariés symboliquement. Ce fut une passion folle et splendide. Nous étions deux jeunes emportés dans un tourbillon. J’adorais sa folie et il adorait la mienne. Je me souviens qu’il me faisait conduire sa Jaguar, la nuit, alors que je n’avais pas encore mon permis. A cette époque, il avait le trac et la trouille de la scène. Il me disait vouloir arrêter, il n’aimait pas chanter. Et puis, nous nous sommes séparés alors que j’étais enceinte. Il n’y a pas eu de disputes ni de cris mais la séparation est devenue effective.
      Michèle, avec le recul du temps, explique que, selon elle, Christophe n’a pas pu assumer son rôle de père. Il a eu peur. Moi, c’était différent. Je venais de perdre ma mère, dans un accident de voiture et j’ai voulu cet enfant. Il était évident que je souhaitais le garder. Christophe est venu le voir, à sa naissance, à la maternité. Mais il ne l’a pas reconnu. Pour moi, c’était un cadeau du ciel, un cadeau de l’amour. J’ai été et je suis très heureuse avec mon fils.

      L’admiration de Michèle

      Michèle, quelques mois après la séparation a rencontré Vidal qui a reconnu Romain, qu’elle a épousé et qui a été un père exemplaire. Notre affaire est devenue une affaire du passé. Romain l’a su très tôt avant d’aller à l’école. J’y tenais beaucoup. Je voulais que ce fût clair pour lui. Et même s’il était très aimé par tout le monde, cela l’a quand même perturbé. Et je n’ai rien demandé à personne. Je n’ai obligé Christophe à rien. En amour, on n’oblige personne à rien. Pendant des décennies, Michèle et Christophe ont géré leur carrière en s’évitant consciencieusement. Nous ne nous sommes jamais revus même lorsque que nous participions à des concerts ensemble. Je le suivais bien sûr, je voyais, sans rancune, mais avec admiration, sa carrière s’envoler de plus belle. Chacun a mené sa vie à sa façon. Nous nous sommes retrouvés il n’y a pas très longtemps, pour le concert anniversaire des 90 ans de Marcel Amont à l’Alhambra. Nous avons bu un verre ensemble. Ce fut des retrouvailles émouvantes.

      La rencontre discrète

      Pour ce qui est de leur fils, Michèle précise que son père biologique l’a revu. Michèle puis Romain ont rencontré, à Aix-en-Provence, le frère de Christophe, Yves qui est venu dormir à la maison et qui racontait à son neveu des histoires de la famille, qui lui montrait des photos et qui a continué à le voir jusqu’à son décès. Ce fut un secret entre eux deux. Personne ne l’a su. Comme personne n’a su que Christophe a fini par voir son fils qui, précise Michèle, lui ressemble tellement. Mon seul regret est que j’aurais aimé que Romain rencontre sa demi-sœur. La mère n’a pas voulu. Elle a appelé Romain et n’a pas été très gentille. Mais la rencontre de ce qui fut et de ce qui reste une belle histoire a bel et bien eu lieu entre Romain et son père. Et cela, c’est le principal. Nous n’avons, Romain et moi, jamais rien demandé d’autre.

       

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